Portrait d’auteur

Quincy GANE : un illustrateur autodidacte qui s’est perfectionné sur les bancs.

DITES-MOI, Comment êtes-vous arrivé à ce beau métier ?

En 2013 après avoir obtenu mon diplôme à IPESAA, Ecole d’arts appliqués de Montpellier, j’ai proposé deux projets de livres jeunesse aux Editions JASOR (Guadeloupe) :

  • Le sourire de Manmzelle Lune et ,
  • L’incroyable aventure de Lucien le coiffeur.

J’avais réalisé ceux-ci durant mes études.

Ces projets leur ont plu, j’ai donc signé mon premier contrat d’édition. J’avais 25 ans.

J’ai fais quelques salons pour promouvoir mes livres comme le Salon du Livre Jeunesse Afro-Caraïbéen de Clichy ou encore le Salon du Livre de Paris.

J’ai pu y rencontrer des gens supers mais aussi lancer quelques collaborations.

Dans ce métier, tout est affaire de rencontres et de coups de cœurs!

AVANT TOUT Où avez vous grandi ?

J’ai grandi en Guadeloupe avec mes deux parents et mes deux petits frères, dans la commune du Gosier plus précisément. Je suis né à Paris et je suis arrivé en Guadeloupe à l’âge de six ans. Je vis actuellement dans le sud de la France, c’est un peu le compromis entre la grisaille parisienne et le soleil des Antilles (rires).

autodidacte ?

Oui et non.

Je dessine depuis l’âge de 3 ans, j’ai d’abord appris en copiant les personnages de cartoons comme Bugs Bunny ou Daffy Duck. A l’âge de 8 ans, j’ai pris des cours pour progresser et travailler la technique. Petit je dessinais au feeling, les cours m’ont permis de comprendre ce que je faisais.

Combien de livres et de collaborations comptez-vous actuellement ?

En jeunesse j’ai publié quatre livres en tant qu’Auteur et Illustrateur :

  • Le sourire de Manmzelle Lune (Editions JASOR),
  • L’incroyable aventure de Lucien le coiffeur (Editions JASOR) ,
  • Ze m’appelle Quenotte et z’aime pas les carottes (Editions JASOR),
  • Tigwan é siclòn la (Tiguane et le Cyclone) (Editions AUZOU).
  • Une collaboration en tant qu’illustrateur sur le livre Une Maman Maskilili bien soucieuse d’Anique SYLVESTRE (Editions JASOR).

En BD, j’ai réalisé Fuzz Boy, un récit sans dialogues. J’ai sorti le tome 2 en Septembre dernier.

Je collabore également avec Jack Exili, un bédéiste indépendant antillais. Je suis coloriste sur sa BD Les Chroniques de Simon Soul.

Et pour finir, actuellement j’adapte en BD un roman de l’auteure Clothilde JEAN-BAPTISTE. La publication est prévue pour 2020, c’est un projet également en auto édition.

Oui, je fais aussi des illustrations pour La lettre d’Aimy AMOR, pour une de ses nouvelles.

VOUS ÊTES UN ARTISTE ENGAGE, Quelles sont les valeurs quI vous portez ?

Une valeur fondamentale pour moi c’est le respect, de l’autre, de ses différences, de son travail. Sans tomber dans la victimisation, notre société prend les artistes de haut (encore plus quand ils sont « issus de la diversité »). Il en résulte un non-respect et une dévalorisation de leur travail. Étant donné que le métier d’auteur/illustrateur fait partie des « métiers-passion », dans l’imaginaire collectif il n’est pas considéré comme un vrai travail.

Certains clients haussent les sourcils quand on leur annonce le prix d’une illustration par exemple. Mais quand ils doivent acheter leur pain, ils ne se posent pas de questions, ils payent et puis c’est tout ! Donc le respect du travail d’autrui est très important pour moi tout comme le respect des différences.

Il y a encore trop peu d’ouvrages où les protagonistes sont racisés, que ce soit en album jeunesse ou en bande dessinée. Et lorsque c’est le cas, le récit met l’accent sur cette différence. Elle prend le dessus sur tout le reste ce qui n’est pas le cas quand le personnage est non-racisé. Heureusement c’est en train de changer, mais la route est encore longue.

Donc pour moi, respecter les différences c’est faire en sorte qu’elles enrichissent et non qu’elles constituent une barrière. Je pense que toute relation humaine doit être basée sur le respect, autrement ça ne peut pas fonctionner.

Où trouvez vous votre inspiration ?

Je la trouve dans mes rencontres, mes discussions, les films que je regarde … Parfois il suffit d’une phrase toute bête entendue au détour d’une rue pour démarrer une histoire.

L’artiste maudit enfermé dans son atelier qui est soudain touché par la grâce n’est qu’une légende. Selon moi, pour avoir de l’inspiration, il faut sortir de chez soi et observer le monde qui nous entoure.

Quel est le livre qui vous a le plus marqué ?

Il y en a plusieurs.

Petit j’ai découvert les Monsieur Madame de Roger Hargreaves. J’ai commencé à dessiner à partir de là, juste avant de découvrir les cartoons de Daffy Duck et Bugs Bunny.

Ensuite j’ai découvert la BD avec Dragon Ball. Ca a été une grosse claque pour moi et pour beaucoup d’autres enfants de mon âge je pense.

En roman, je suis tombé un jour sur les Aventures de Ti Jean, un recueil de contes des Antilles. Une révélation ! Alice aux Pays des Merveilles de Lewis Carroll m’a beaucoup marqué aussi.

Quel est le titre de votre dernier livre ?

Mon dernier livre en date c’est le tome 2 de Fuzz Boy, ma BD auto éditée. Il s’intitule « Keith my ass ». C’est une sorte d’hommage à l’artiste Keith Harring, que j’admire beaucoup.

Quincy, je vous remercie pour le temps que vous m’avez accordé. C’est avec impatience que j’attends le tome 2 de Fuzz Boy, « Keith my ass » .