Nos auteurs

Béatrice RUFFIE LACAS

Une rencontre au détour d’une pile qui devient un coup de foudre, pour le livre « Ces bisous du monde » Béatrice RUFFIÉ LACAS & Pauline AMELIN.

Toujours en quête d’enrichir les rayons de SOO KOOH Librairie jeunesse, participer à de nombreux événements, chiner pour aller à la rencontre de pépites est la clé. C’est ainsi que j’ai découvert ce bel album illustré qui des les premières pages nous fait décoller pour un voyage plein de douceur dans les cultures monde.

Un voyage grâce aux mots, ceux pour quoi SOO KOOH œuvre au travers de son engagement.

Béatrice Ruffié Lacas fait voyager les enfants au fil des mots.

DITES-MOI, Comment êtes-vous arrivé à ce beau métier ?

Un peu par hasard. J’ai d’abord travaillé dans le marketing et la communication pendant de longues années.

J’ai toujours écrit, mais je n’avais jamais osé proposer mon travail à des maisons d’éditions.

Lorsque je me suis enfin lancée, une première publication m’a donné envie d’essayer à nouveau, puis de transformer cet essai, encore et encore, jusqu’à choisir cette voie définitivement, comme une évidence.

autodidacte ? Avez-vous autour de vous quelqu’un qui écrivait aussi ?

Les livres ont toujours occupé une grande place chez moi (au sens propre comme au sens figuré).

J’ai grandi entourée des classiques de la littérature et je me suis tout naturellement dirigée vers des études littéraires.

Après, je ne suis pas certaine qu’il existe des « écoles d’auteur » je crois que nous sommes toutes et tous un peu autodidactes dans ce métier, seuls face à nos émotions et à la façon de les formuler.

Quelles sont les valeurs quI vous portez ?

L’humanité est au cœur de ma réflexion.

J’aimerai avant tout que mon travail puisse être une fenêtre sur le monde. Qu’il permette à l’enfant qui me lit de voyager loin, tout en se rapprochant de ce qui est tout près de lui.

L’humanité est ce qui nous permet de vivre ensemble, avec nos différences ou nos peurs, en cherchant toujours à comprendre l’autre et à le respecter.

Où trouvez vous votre inspiration ?

Ce n’est pas très original mais … partout! Dans un mot d’enfant, une photo, une situation…

Mais tous les auteurs le savent, la meilleure idée est toujours celle qui vient quelques secondes avant de s’endormir, et que l’on oublie presque toujours au réveil!

Quel est le livre qui vous a le plus marqué ?

C’est difficile de n’en choisir qu’un seul, il y en a plusieurs.

Je dirais, dans un joyeux désordre :

  • L’attrape-cœur de J.D Salinger,
  • Les poèmes d’Arthur Rimbaud,
  • La cicatrice de Bruce Lowery,
  • L’astragale d’Albertine Sarrazin,
  • Rose Madder de Stephen King

En fait, il y en a trop. Beaucoup trop!

Qu’est qui vous pousse à débuter une collaboration littéraire ?

J’aime découvrir mes mots en images.

Lorsque les projets se montent en amont, dans une collaboration avec un illustrateur ou une illustratrice, on peut prendre le temps d’échanger, aussi bien sur le texte que sur les images, pour obtenir une œuvre au plus proche de ce que chacun des deux auteurs imaginent.

Comment s’est faite votre rencontre avec Pauline AMELIN ? S’agit-il de votre première collaboration ? Comment avez-vous travaillé ?

C’est notre éditrice, (Anne-Sophie Matrat des éditions Crapaud Sucre) qui m’a proposée de faire intervenir Pauline sur le texte de « Ces maisons du monde » notre premier album ensemble.

Lorsque j’ai découvert son travail, j’ai immédiatement été séduite, et j’ai été vraiment très heureuse de renouveler l’expérience quelques années plus tard avec « Ces bisous du monde« .

Ce n’est qu’après la parution que Pauline et moi avons pu nous rencontrer IRL, sur le salon de Montreuil.

Pouvez-vous me résumer le monde de l’écriture sous votre regard ?

C’est un métier difficile, parce que l’on est souvent seul et que l’on a du mal à faire reconnaître cela comme un travail à part entière. Beaucoup de personnes ont tendance à penser qu’une passion ne peut pas être un métier, et inversement, ce qui est assez triste en réalité.

Vu de l’intérieur, les méandres de l’édition sont parfois difficiles à percer. Mais quelle fierté lorsque le livre paraît et que les enfants en font leur livre de chevet!

Avez-vous des projets littéraires à paraître ?

Oui, je travaille en ce moment avec Yvan Postel sur une bande dessinée destinée à la jeunesse « Du grabuge à Carottes-City » qui sera publiée en 2020 aux éditions Clair de Lune.

Mais aussi sur un album pour les plus petits « La couleur de l’amour« , illustré par Camille Tisserand, qui sera disponible dès janvier aux éditions Glénat.

Béatrice, je vous remercie pour votre sincérité. Vous avez plus que raison, c’est l’humanité qui nous lie les uns aux autres. Selon moi, le livre en est le meilleur exemple. C’est avec hâte que SOO KOOH attend la parution de vos prochaines collaborations.

Quincy GANE

Quincy GANE : un illustrateur autodidacte qui s’est perfectionné sur les bancs.

DITES-MOI, Comment êtes-vous arrivé à ce beau métier ?

En 2013 après avoir obtenu mon diplôme à IPESAA, Ecole d’arts appliqués de Montpellier, j’ai proposé deux projets de livres jeunesse aux Editions JASOR (Guadeloupe) :

  • Le sourire de Manmzelle Lune et ,
  • L’incroyable aventure de Lucien le coiffeur.

J’avais réalisé ceux-ci durant mes études.

Ces projets leur ont plu, j’ai donc signé mon premier contrat d’édition. J’avais 25 ans.

J’ai fais quelques salons pour promouvoir mes livres comme le Salon du Livre Jeunesse Afro-Caraïbéen de Clichy ou encore le Salon du Livre de Paris.

J’ai pu y rencontrer des gens supers mais aussi lancer quelques collaborations.

Dans ce métier, tout est affaire de rencontres et de coups de cœurs!

AVANT TOUT Où avez vous grandi ?

J’ai grandi en Guadeloupe avec mes deux parents et mes deux petits frères, dans la commune du Gosier plus précisément. Je suis né à Paris et je suis arrivé en Guadeloupe à l’âge de six ans. Je vis actuellement dans le sud de la France, c’est un peu le compromis entre la grisaille parisienne et le soleil des Antilles (rires).

autodidacte ?

Oui et non.

Je dessine depuis l’âge de 3 ans, j’ai d’abord appris en copiant les personnages de cartoons comme Bugs Bunny ou Daffy Duck. A l’âge de 8 ans, j’ai pris des cours pour progresser et travailler la technique. Petit je dessinais au feeling, les cours m’ont permis de comprendre ce que je faisais.

Combien de livres et de collaborations comptez-vous actuellement ?

En jeunesse j’ai publié quatre livres en tant qu’Auteur et Illustrateur :

  • Le sourire de Manmzelle Lune (Editions JASOR),
  • L’incroyable aventure de Lucien le coiffeur (Editions JASOR) ,
  • Ze m’appelle Quenotte et z’aime pas les carottes (Editions JASOR),
  • Tigwan é siclòn la (Tiguane et le Cyclone) (Editions AUZOU).
  • Une collaboration en tant qu’illustrateur sur le livre Une Maman Maskilili bien soucieuse d’Anique SYLVESTRE (Editions JASOR).

En BD, j’ai réalisé Fuzz Boy, un récit sans dialogues. J’ai sorti le tome 2 en Septembre dernier.

Je collabore également avec Jack Exili, un bédéiste indépendant antillais. Je suis coloriste sur sa BD Les Chroniques de Simon Soul.

Et pour finir, actuellement j’adapte en BD un roman de l’auteure Clothilde JEAN-BAPTISTE. La publication est prévue pour 2020, c’est un projet également en auto édition.

Oui, je fais aussi des illustrations pour La lettre d’Aimy AMOR, pour une de ses nouvelles.

VOUS ÊTES UN ARTISTE ENGAGE, Quelles sont les valeurs quI vous portez ?

Une valeur fondamentale pour moi c’est le respect, de l’autre, de ses différences, de son travail. Sans tomber dans la victimisation, notre société prend les artistes de haut (encore plus quand ils sont « issus de la diversité »). Il en résulte un non-respect et une dévalorisation de leur travail. Étant donné que le métier d’auteur/illustrateur fait partie des « métiers-passion », dans l’imaginaire collectif il n’est pas considéré comme un vrai travail.

Certains clients haussent les sourcils quand on leur annonce le prix d’une illustration par exemple. Mais quand ils doivent acheter leur pain, ils ne se posent pas de questions, ils payent et puis c’est tout ! Donc le respect du travail d’autrui est très important pour moi tout comme le respect des différences.

Il y a encore trop peu d’ouvrages où les protagonistes sont racisés, que ce soit en album jeunesse ou en bande dessinée. Et lorsque c’est le cas, le récit met l’accent sur cette différence. Elle prend le dessus sur tout le reste ce qui n’est pas le cas quand le personnage est non-racisé. Heureusement c’est en train de changer, mais la route est encore longue.

Donc pour moi, respecter les différences c’est faire en sorte qu’elles enrichissent et non qu’elles constituent une barrière. Je pense que toute relation humaine doit être basée sur le respect, autrement ça ne peut pas fonctionner.

Où trouvez vous votre inspiration ?

Je la trouve dans mes rencontres, mes discussions, les films que je regarde … Parfois il suffit d’une phrase toute bête entendue au détour d’une rue pour démarrer une histoire.

L’artiste maudit enfermé dans son atelier qui est soudain touché par la grâce n’est qu’une légende. Selon moi, pour avoir de l’inspiration, il faut sortir de chez soi et observer le monde qui nous entoure.

Quel est le livre qui vous a le plus marqué ?

Il y en a plusieurs.

Petit j’ai découvert les Monsieur Madame de Roger Hargreaves. J’ai commencé à dessiner à partir de là, juste avant de découvrir les cartoons de Daffy Duck et Bugs Bunny.

Ensuite j’ai découvert la BD avec Dragon Ball. Ca a été une grosse claque pour moi et pour beaucoup d’autres enfants de mon âge je pense.

En roman, je suis tombé un jour sur les Aventures de Ti Jean, un recueil de contes des Antilles. Une révélation ! Alice aux Pays des Merveilles de Lewis Carroll m’a beaucoup marqué aussi.

Quel est le titre de votre dernier livre ?

Mon dernier livre en date c’est le tome 2 de Fuzz Boy, ma BD auto éditée. Il s’intitule « Keith my ass ». C’est une sorte d’hommage à l’artiste Keith Harring, que j’admire beaucoup.

Quincy, je vous remercie pour le temps que vous m’avez accordé. C’est avec impatience que j’attends le tome 2 de Fuzz Boy, « Keith my ass » .