Lire sans texte

Image & Imaginaire

Un jour, j’ai rencontré une personne admirable qui m’a dit avec un beau sourire :

  • Tu sais, les livres sans texte se lisent aussi tout aussi bien ! Et oui !

Et depuis je suis devenue une fan invétérée. C’est ainsi que j’ai découvert le livre préféré de Anïs : Le voleur de poule. Il fait parti de la série de trois albums sans texte de Béatrice Rodriguez.

Le voleur de poule – Béatrice Rodriguez

Qu’est qu’un livre au sens littéral ? Le savez-vous ?

Moi, je n’en étais pas sûre. Je me suis donc penchée sur la question.

Le Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales (Oui, oui, oui) donne la définition suivante : Un livre est un assemblage de feuilles en nombre plus ou moins élevé, portant des signes destinés à être lus.

Ni une ni deux, dans la barre à outil, je pianote le verbe lire. Et parmi les nombreuses définitions de la langue française, je trouve enfin. Je la résumerai ainsi : Lire pour une oeuvre littéraire, c’est comprendre, c’est interpréter des signes.

Bien lancée dans mes recherches, je continue donc.

Je me mets donc à chercher la définition du mot signe. Voici ce que je trouve : Un signe est une représentation matérielle d’un objet (figure, dessin, son, geste, couleur) ayant, par rapport naturel ou par convention, une certaine valeur, une certaine signification dans un groupe humain donné.

une image et plusieurs points de vue

La polysémie d’une image est toute aussi riche qu’il peut exister d’avis objectifs, c’est une multitude de lecture.

Les informations, qu’une représentation véhicule, servent à communiquer un message. C’est ce lien fort qui permet à une personne de faire appel à son imagination sur la base de facteurs visuels : je vois donc j’interprète.

Pourquoi ? Parce qu’une image contient :

  • des données matériels : des indices, des informations pour déchiffrer le sens ;
  • des éléments plastiques : des indications matérielles qui composent celle-ci (forme, ligne couleur, rythme, matière …) ;
  • des composantes intellectuelles : l’intervention de la pensée, via le sens critique, pour prendre une certaine distance.

Et en plus une image peut être :

  • visuelle ; la vue reçoit l’information (texte, dessin, photo, vidéo …)
  • acoustique ; le son va avec une représentation
  • olfactive ; l’odeur va avec une interprétation
  • tactile ; le touché va avec une représentation

Lire sans aucun mot. et comment !

Lire un livre sans texte revient à interpréter des illustrations. Des illustrations qui reliées l’une à l’autre font une histoire. Car oui, tout recueil, quel qu’il soit, peut être lu.

Avoir un livre sans texte entre les mains, c’est un peu lire autrement. C’est génial car cela enrichie le rapport à la lecture. L’interaction avec l’objet qu’est un livre est bien plus personnelle car le lecteur s’approprie totalement l’histoire.

Si cela peut sembler complexe, les livres sans texte sont une mine d’or pour éveiller l’imaginaire. Petit et grand sont concernés. Et nul besoin d’être un(e) expert(e) pour guider ce type de lecture.

Lire des mots, ce n’est pas uniquement déchiffrer une suite de syllabes. Lire équivaut aussi à comprendre le texte pour en cerner toute la portée. Là est tout l’enjeu de la lecture. Cet élément centrale joue énormément dans la structuration de la pensée pour petit et grand.

Les livres sans texte ont toutes leurs places dans la réponse à cet enjeu car ils font vivre la créativité individuelle de chaque lecteur. La personne qui lit fait appel à son sens critique.

Une illustration, une image

Regarder une illustration, c’est avoir la vue globale d’une scène sur un instant t. Ce plan large, ce « plan d’ensemble présente le décor, les personnages » . Celui-ci permet d’interpréter l’histoire grâce à chaque détail, un indice essentiel. Ces informations clés face aux blancs narratifs, permettent de combler les vides, d’inventer.

Que comprenez-vous ?

Le livre sans texte pousse à la déduction sur une séquence d’image. Le lecteur fait appel à son imaginaire pour avoir une représentation globale, il interprete.

Lire une image, c’est émettre des hypothèses sur la base d’un ressenti personnel qui déchiffre une intention. Car l’illustrateur souhaite intentionnellement faire passer un message, ce qui pousse à une réelle réflexion en respectant l’enchaînement chronologique de la narration.

Tout comme un texte, une image « fonctionne sur des règles de répétitions, de relations, et des règles de progression.  » (J. Giasson, 2007)

raconter l’histoire telle que vous la comprenez.

Prenez un temps. Que vous content ces images ?

La clé est : Avoir du temps pour laisser le temps aux regards de se promener sur les images. Alors à chacun de créer son histoire pour en parler ensuite. La mise en relation des images fait l’histoire.

nos astuces avec petit et moyen

Si votre enfant sait se faire comprendre, alors posez lui des questions ! Vous pourrez être surpris. Les enfants rêvent bien mieux que les adultes. Cette approche vous permettra de savoir comment votre enfant interprète une histoire.

Posez des questions simples, faciles à comprendre. C’est un jeu de questions-réponses pour accéder à la compréhension de l’histoire. Voici un exemple de séquence qui amène à se questionner :

  • la scénarisation : QUOI
    • Que vois-tu dans l’image ? Que se passe-t-i l ? Qui sont les personnages ? Où se passe l’histoire? Quel temps fait-il?
  • la contextualisation : QUI
    • Est-ce-qu’il est triste ? Pourquoi est-ce qu’il sourit ? A quoi est-ce-qu’il pense ? Qu’est-ce-qu’il veut ?
  • l’interprétation :
    • Qu’est-ce que tu as compris ? Que va-t-il se passer ? Que va-t-il faire ?

Cette démarche de description de l’image conduite à l’interprétation au fil des pages tournées.

Nous vous le conseillons de le faire en plusieurs parties, car lire un texte sans image demande plus de concentration. Ce qui peut être fatiguant pour les plus petits.

Il n’y plus qu’à !! Nous avons hâte d’avoir vos retours.

cet article vous a plus ? partagez !

N’hésitez pas à partager notre article sur Facebook, Instagram.

Cellia T.

Laisser un commentaire