Conter – Février

La plante grimpante

Il était une fois une plante toute petite qui ne voyait jamais le ciel, cachée par les arbres de la forêt. Elle était triste et courbait constamment l’échine, ignorée de tous.

Dans la forêt tropicale luxuriante, toutes les autres plantes se moquaient d’elle.

  • Comment as-tu fait pour arriver jusqu’ici ? Tu es différente de nous… Petite et frêle, tu ne résisteras pas longtemps dans un environnement aussi hostile.
  • Le destin a choisi de me placer ici, voila pourquoi je suis là. Mais si je m’appuie sur toi, les rayons du soleil caresseront mes feuilles et je deviendrai à coup sûr plus forte et vigoureuse.
  • Non non non, ma chère ! Crois-tu que je n’aie que ça à faire. Débrouille-toi toute seule !

Chacun venait voire cette plante si petite qui avait eu l’idée un jour de demander de l’aide à une autre qui n’était pas de sa famille. Quelle idée !

C’est honteuse que la plante entreprit de se déplacer pour s’éloigner des railleries des autres. Mais comment faire ? Elle était bien trop basse pour que le vent ne la porte.


Une nuit, la petite plante découvrit qu’elle pouvait ramper sur le sol.

  • Quelle idée, la voilà qui se couche directement sur le sol ! Petite je te le dis : tu n’es pas à ta place ici. Bientôt nous te piétinerons toutes.

Un soir avançant dans le noir, elle buta contre quelque chose. C’était bien la première fois qu’elle rencontrait quelque chose d’aussi grand et majestueux.

  • Qui me touche ? Montre-toi !

La petite plante songea un instant à se cacher, mais où ? Et elle ne pouvait pas compter sur les autres plantes pour l’aider. De toutes façons, elles dormaient toutes.

  • J’attends !
    • Ce n’est que moi.
  • Mais que fais-tu ici petite plante ? Et jusqu’où pensais-tu aller comme ça couchée au sol ?
    • Je veux me rapprocher du ciel. J’ai bien essayé de demander de l’aide aux autres plantes mais elles se moquent de moi. J’ai appris à mes dépens que les plantes différentes ne s’aident pas entre elles.
  • Accroche-toi donc à moi.
    • Mais si je m’accroche, je ne pourrai pas me décrocher. En êtes-vous sûr ?
  • C’est une chose courageuse que tu as faite là en me demandant de l’aide. Nous ne sommes pas si différents, vois-tu moi aussi mes racines sont dans le sol, tout comme les tiennes. Quant aux autres plantes, ne leur en veux pas. C’est l’ignorance qui les fait parler ici. Il m’a fallu bien des années de vie pour le comprendre. N’aies pas de crainte, tu me tiendras compagnie.

C’est d’abord timidement, que la petite plante prit appui sur cette grosse plante qui lui avait tendu la main. Plus elle montait vers la cime, plus elle devenant vivace.

  • Enfin tu arrives à ma hauteur ! Sais-tu ce que je suis ? Je suis un arbre, ici en Guyane on m’appelle Cordia. Et toi ?
    • Moi, je suis de la famille des Philodendron.
  • Sache donc que tu es une plante grimpante.

C’est ainsi que les deux amis, pas si différents que ça, continuèrent de grandir ensemble.

Cellia, SOO KOOH